MESRINE c le bondie le plus respecté en france
D'un regard aiguisé et adulte, il sonde l'univers d'un pauvre type à la dérive qui finira par trouver sa véritable raison d'être dans le crime. Ni plus, ni moins ! Hors de question de prendre parti, le seul avis légitime étant celui du spectateur qui endosse pour l'occasion l'habit de juge à l'instar des Français durant les événements il y a plus de vingt ans. Au contraire, Richet va mettre toute sa maestria à l'oeuvre pour satisfaire non pas les actes héroïques d'une magie impressionnante mais plutôt pour leur offrir le panache et le prestige qui leur convient. De même qu'il s'applique à aménager sa mise en scène de séquence en séquence, virevoltant d'une nervosité forte à la poésie irréelle d'un amour de vacances avant de retomber dans les fusillades frénétiques. Adieu sensationnalisme de la mise en images ou l'apogée de la scène d'action comme il en avait fait preuve dans sa reprise du Assaut de Carpenter. Jean-François Richet revient à une fébrilité plus sobre, plus humaine, beaucoup plus viscérale qui rejoint à merveille l'état d'esprit d'un homme que rien ne pourra arrêter si ce n'est la mort. D'ailleurs, si le film s'ouvre brillamment avec les dernières minutes de la vie du criminel, l'intrigue véritable ne débute quelques secondes plus tard que par une autre mise à mort : acteur principal d'une torture sur un prisonnier pendant la guerre d'Algérie, il se verra obligé d'assassiner le jeune ennemi. En l'espace de cette seule scène, qui correspond sans doute à son premier acte violent, Richet décrit la légende : Mesrine, homme insaisissable qui choisira toujours une énième alternative aux propositions énoncées. Impossible alors de cerner à l'avance ce personnage dont le caractère semble irrégulier au point d'en être terrifiant. Là où son retour et ses premiers temps en France sembleront se passer sans trop de remous, c'est sans doute sa première pulsion meurtrière non plus pour un pays mais pour lui qui le fera naître : passionné, jusqu'au-boutiste, sans concession, le Mesrine raconté par Richet sent bon le chien fou paumé.